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Si le matador n'arrive pas à immoler son taureau, rien de ce qu'il a déjà accompli, et si bien qu'il l'ait fait, ne compte plus, il est totalement disgracié.
Cela montre bien qu'il s'agit non d'un sport, mais d'un sacrifice.
Julian Pitt Rivers
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Un jour, Maera, mettant à mort un taureau, poussa l'épée comme le taureau chargeait et, pesant de tout son poids, l'épaule en avant, il heurta la pointe de son épée contre l'une des vertèbres, dans l'ouverture formée par l'écartement des omoplates.
Il poussait et le taureau poussait, l'épée se plia presque en deux puis sauta en l'air.
Ernest Hemingway
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Puis le torero va devenir le matador, celui qui tue.
Il a senti que son animal était prêt pour le cérémonial qui va clore ce dernier tercio.
Quelques minutes auparavant, il a changé l'épée plus légère qui lui permettait d'effectuer ses passes avec plus de facilité, pour le lourd estoc d'acier recourbé, indispensable pour tuer correctement l'animal.
Tout d'abord, par quelques jeux de muleta, il cadrera l'animal, c'est-à-dire qu'il le placera de façon à ce que les pattes de devant soient sur la même ligne, presque jointes, et la tête légérement baissée.
En effet, cette position permet de dégager le point du garrot, situé entre la colonne vertébrale et l'omoplate, que l'on appelle la croix, où devra se planter l'épée. A quelques mètres devant le toro, le matador se profile exactement entre les cornes de la bête immobile ;
son bras est levé à hauteur de sa poitrine et tient l'estoc pointé sur le morillo.
Soudain, l'homme s'élance et la muleta qu'il tient de la main gauche vient se croiser sur la droite pour détourner le coup de corne.
L'homme plonge sur la bête et l'arme rentre... ; c'est l'estocade a volpié.
Le puntillero arrive ensuite, si l'estocade ne parvient pas à donner la mort, avec son large poignard à la main pour trancher le bulbe rachidien du toro.
L'estocade a recibir, beaucoup plus rare et risquée, voit le torero attendre que l'animal vienne s'embrocher seul sur son fer.
Le descabello s'effectue lorsque le toro se refuse à la mort.
Le maestro prendra alors une sorte d'épée terminée en croix, et dont la pointe sera plus large ;
l'animal tête baissée recevra la pique foudroyante qui lui sectionnera la moëlle épinière à la base du cou.
Le maestro va ensuite reprendre sa montera et saluer la présidence.
Les mules de l'arrastre entrent alors dans le rond pour venir retirer le cadavre de l'animal.
Et la foule agitera ses mouchoirs blancs pour réclamer, auprès de l'autorité, la récompense méritée par le matador.
Si le président sort trois mouchoirs blancs, ce sera la récompense suprême, les deux oreilles et la queue.
Accordé très rarement, sont le sabot ou encore l'indulto, qui est le fait de pardonner la vie au toro, qui rejoindra l'élevage pour devenir semental, étalon.
Les bras levé en signe de victoire, ses trophées à la main, le torero entame un tour de piste, la vuelta, qui est en réalité un tour d'honneur.
Elle prendra fin au centre de l'arène, où, les bras toujours tendu vers le ciel, le matador tournera sur lui-même dans un dernier salut de triomphe.
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