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La corrida de toros

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La corrida de toros

Fer MiuraToro Miura, plus de 4 ans, plus de 460 kilos

Sceau taureau, Civilisation de l'Indus

Gilgamesh, roi légendaire de Mésopotamie, III millénaire av. J.-C., terrassant un taureau
Narmer, en taureau, détruit une forteresse tombée

Thésée, le premier matador dont la légende nous ait transmis le nom, tuant le minotaureSaut sur un taureau, figurine en ivoire, palais de Knossos

Personnages avec taureaux, fragment des frises du Parthénon

Taureau gallo-romain d'Octodure (Martigny), découvert en 1883

La muleta et l'épée, los trastos de muerte, les armes du sacrifice

La notion de la mort, du temps irréversible, entre dans le ruedo avec chaque taureau


Le mot de corrida dans le langague taurin français s'applique à la corrida dite formelle, avec piques et mise à mort de quatre ans pesant 460 kilos. Les autres manifestations taurines portent un nom particulier : becerrada, corrida de novillos, avec ou sans picador, dites novilladas, capeas.


Il est frappant de constater que dès l'aube de l'humanité, la Nature non humaine, ni bonne, ni mauvaise à l'homme, simplement formidable et indifférente, fortuitement providentielle ici et criminelle là, a été d'abord et presque jusqu'à nous symbolisée par le Taureau, Divinité puissante d'où sortait le mal et le bien, exigeant le sang de l'homme mais donnant la chair et la fertilité, si on savait les lui ravir et méritant les égards dûs à un dieu.


Dans la Mésopotamie ancienne le Boeuf sublime, Dieu taureau est le créateur du monde, le Seigneur de la parole de vie. Il y a quatre mille ans, le long de l'Indus, l'aurochs sacré est vénéré, dieu du tonnerre et de la pluie, terrorisant même l'innocent mais fécondateur de toutes choses. L'Inde est encore de nos jours, le pays des bovins sacrés. L'Egypte ancienne a sans trêve glorifié le Taureau sauvage, dispensateur de vie. C'est en Crète que Thésée fut le premier matador dont la légende nous ait transmis le nom.


Il avait d'autant plus de mérite que le Minotaure qu'il estoqua était un Toro criminel. Mais il a légué à l'île sa corne d'abondance, et dans les arènes crètoise, il semble bien que des toreros de métier se livraient à des jeux taurins dont nous dirions aujourd'hui qu'il sont un mélange de pega portugaise et de dangereuse voltige. Le Taureau était ensuite rituellement sacrifié pour que l'homme vive.


Des corridas étaient organisées, mille ans avant notre ère en Grèce. Pendant des siècles, Rome a développé le culte de Mithra, Héros dont la mission divine fut de tuer en combat le taureau primordial, source de vie, dont le corps, après l'estocade, livra au bénéfice de l'homme le vin et le blé. On dit que Jules César introduisit dans son pays l'usage des toreros à cheval et les Espagnols affirment qu'il en avait pris goût dans la péninsule ibérique.


On voit que dans ce combat sans fin de l'homme et de la Divinité-Nature dont nous avons besoin pour vivre et que nous devons vaincre pour ne pas mourir, la nature est obstinément symbolisée par le taureau.


Nous ne sentons plus clairement ce combat essentiel contre la nature, raison d'être historique et métaphysique de l'homme depuis 40 ou 50 mille ans. Mais nous portons l'empreinte inconsciente et profonde de la lutte brute et sauvage que nous aimons, que nous craignons et qu'il faut vaincre.


Or dans l'arène se rejoue le combat éternel. L'homme de lumière, vertical, au cerveau hypertrophié et aux mains libres s'oppose en combat singulier et mortel à la puissance horizontale et noire du Taureau-Nature qu'il faut tuer pour accomplir son destin.


Pour triompher, il obéit aux exigences de son âme et il se sert de son courage et de son intelligence. L'intelligence : ce sont ses outils, los trastos de muerte, la muleta et l'épée, le sens du terrain, les passes à choisir. Il faut à l'homme un rare courage pour attendre la charge du fauve, l'apaiser, le diriger, le maîtriser enfin en vue du sacrifice. Il faut que la beauté jaillisse du combat sans quoi il manquerait à la faena une qualité humaine. Et le sens moral devient de plus en plus exigeant au fur et à mesure que l'homme domine mieux sont art, impose son éthique de la corrida.


Il faut enfin obéir au rite. Il faut qu'à un moment donné la Nature ait sa chance pour que la cérémonie trouve son sens profond et c'est l'instant de vérité. La notion aiguë de la mort, du temps irréversible qui entre dans le ruedo avec chaque taureau. Ainsi, comme l'a noté Enrique La Fuente Ferrari, la corrida fait revivre en quelques instants le grand drame de l'histoire de l'homme, désarmé en face de la nature et réduit à l'invention des moyens propres à convertir l'hostile en favorable.


La «Maison des Taureaux», Cádiz Andalousie, thème : la feria








La Maison des Taureaux, Cádiz, Andalousie : plan du site

Référencement de la corrida de toros

S'il y avait une seule vérité, on ne pourrait pas faire cent toiles sur le même thème.               Pablo Picasso