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Pointes de mortalité en Espagne

Ο Guerres, de succession, napoléoniennes, 1800-1808
� Guerre d’indépendance 1808-1814
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Le goût des habitants de Cádiz pour la fête nationale fut de tout temps très prononcé.
Sa place fut, à la fin du XVIIIème siècle, comme elle le sera ensuite au XIXème, une des plus importantes d'Espagne.
Cádiz et les villages alentours, particulièrement Chiclana, produisirent d'excellents taureaux dont les noms restent encore gravés dans la mémoire des passionnés de la corrida.
Grâce aux taxes prélevées sur les courses de taureaux d'importants ouvrages furent entrepris dans la ville : Alameda, l'Ecole des Beaux-Arts, l'Hospice, etc...
Les taureaux rapportaient ainsi de considérables recettes à la ville de Cádiz.
Charles IV interdit les fêtes taurines durant la majeure partie de son règne et c'est ainsi que l'ancienne plaza de toros, située de la porte de Tierra et construite en bois, sera démolie.
Durant les années régies par les Etats Généraux, il n'y eut pas de corrida à Cádiz.
L'interdiction de Charles IV persistait encore, mais la guerre pourrait être une autre cause de cette disparition momentanée du spectacle andalou par excellence.
Il est à supposer que le peuple fit tout son possible pour que les représentations tauromachiques persistent, mais un mouvement de controverse à l'encontre des fêtes nationales commençait alors à se faire sentir.
Les intellectuels espagnols, réviseurs des défauts nationaux et investigateurs d'une patrie digne qui serait à la hauteur des pays plus civilisés d'Europe, renièrent le folklore et le traditionnel de leur pays : tous furent ainsi de grands détracteurs de la fête des taureaux.
Les quelques allusions qui furent faites au sujet des taureaux dans la presse d'alors ne se présentaient que sous la forme d'attaques acharnées : on parlait de sauvagerie et de brutalité.
Il est cependant curieux que Cádiz, qui représentait l'Espagne traditionnelle à cette époque, s'attaqua à la tauromachie.
A Madrid, de fréquentes corridas étaient programmées.
Certaines d'entre elles commençaient le matin pour ne s'achever qu'à la nuit tombée.
Même le roi en personne assistait à ces festivités.
Madrid devint alors un vrai paradis pour les taureaux.
Une telle différenciation, surprenante à première vue, tient une explication logique.
Les très français de Madrid et les libéraux de Cádiz, bien que partageant la même idéologie, tenaient des points de vue fort différents : les premiers devaient accréditer leur patrimoine, leur amour de la tradition, ainsi que rendre populaire une dynastie étrangère.
Ils profitaient pour cela de la vieille devise : pan y toros. Dans la Cádiz des Etats Généraux, au contraire, s'effectuaient une révision du passé et une recherche des erreurs afin de les corriger.
On prétendait avec cette révision, et non avec le changement de dynastie, à l'amélioration que tous désiraient.
Le fait n'est pas que l'on considérait le folklore comme néfaste, sinon que, à une époque où on tentait d'effectuer une grande réforme et que les Espagnols désiraient s'intégrer au progrès qu'affichait l'Europe, on s'efforçait d'oublier et de bannir la fête taurine, spectacle qui était alors beaucoup plus cruel et terrible que de nos jours.
Dans le peuple la question était différente.
Il y existait un goût démesuré pour la tauromachie, mais en face se trouvait la minorité directrice de l'opinion publique : la presse, les députés, les intellectuels.
On autorisa sans doute parfois le spectacle, bien qu'avec certaines restrictions, fait que l'on peut déduire de la note que publia le Rédacteur Général le 13 juin 1812 : La Régence des Espagnes, accédant à la proposition du Directeur de l'Académie Militaire d'Equitation, a décider d'autoriser la formation d'une place nationale pour des représentations de cavalerie qui se donneront chaque trois mois, des corridas de novillos qui s'effectueront avec six d'entre eux tous les dimanches, et des danses nationales qui seront organisées en des jours adéquats.
La recette (en trois parties) sera destinée à l'armée, aux frais de lieu en 1814, précisement pour commémorer la promulgation de la Constitution.
Ainsi, trois plazas de toros successives furent construites à Cádiz, toutes établies sur le même site, à proximité de la porte de Tierra.
La première, de bois, fut construite par D.Antonio Gaver en 1769.
La seconde sera érigée au XIXème siècle. Et enfin, l'ultime place fixe de la ville sera fermée en 1967 et démolie en 1976.
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