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O ! Sainte Vierge, puissiez-vous me donner un taureau qui embiste bien ; Sainte Vierge, donnez-moi ce taureau ; Sainte Vierge , faites que je rencontre ce taureau à Madrid, par un jour sans vent,
et il promet une offrande de valeur ou un pélerinage, priant qu'il ait la chance, malade de peur, et, cet après-midi là, le taureau désiré sortira peut-être...
Ernest Hemingway
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Le Concil de Tolède, en l'an 427, définissait le diable de la façon suivante :
une apparition noire, monstrueuse et gigantesque, avec des cornes sur la tête, des pieds fourchus, des oreilles d'ânes, des poils, des griffes, des yeux féroces, des dents terribles, un immense phallus et dégageant une odeur de souffre.
Une analogie au taureau semble ainsi presque évidente.
D'ailleurs, pour mieux tuer le mythe, les chrétiens avaient repris dans leur propre religion le symbole du taureau mais en tant que réincarnation du mal.
Les relations commençaient de la pire façon entre la croix et la corne ; ceci allait durer des siècles.
Du XVème au XVIème siècle, la tauromachie, ou plutôt les combats de taureaux tels qu'ils étaient pratiqués à cette époque furent condamnés très sévèrement : risque inutile de la vie humaine, jeux cruels, pratiques bestiales et diaboliques, barbarie antique.
C'est finalement en 1567 que le pape Pie V interdira formellement les corridas, menaçant d'excommunication et anathème tout chrétien qui organiserait, participerait ou assisterait à un combat de taureaux.
La guerre chrétienne était déclarée contre la tauromachie.
Au XVIIème siècle, les opinions changèrent enfin.
L'église critiquait toujours les traditions liées aux combats taurins, tout en se montrant cependant conciliante.
Mais au XVIIIème siècle, sous l'égide du Bourbon Philippe V qui affichait un fabuleux mépris pour les courses tauromachiques, les nobles et l'Eglise abandonnèrent ces dernières.
Aujourd'hui, l'Eglise chrétienne a tempéré ses positions.
Elle considère en effet que chaque individu est en mesure d'apprécier lui-même la convenance d'assister aux spectacles taurins.
Paradoxalement, on retrouve l'Eglise chrétienne dans la tauromachie sous la forme de la croyance des toreros. Comme le disait Curro Caro, ils ont besoin de croire en quelque chose, en une force supérieure capable de les aider et de les protéger.
D'ailleurs, toutes les arènes possèdents une chapelle et un prêtre est toujours présent lors des combats, prêt à remplir son office en cas d'accident mortel.
Le torero est donc souvent croyant, d'une foi qui, à la limite, rapelle le fétichisme et la superstition.
Par ailleurs, les dates des corridas coïncident généralement avec les fêtes religieuses nationales et les époques de foires locales, ou Ferias, qui commencent ordinairement avec la fête patronale de la ville.
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