MYTHES ET SYMBOLES, LA CORRIDA, UN RITUEL

La morale taurine

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La morale taurine

L'empeño : la première règle de la corrida est avant tout le respect ; respect du règlement, respect de l'animal toréé, respect du publicLe trophée, la récompense du public

Ernest Hemingway (à gauche) devant les arènes de Madrid, été 1923


Au début de ma carrière, devenir l'allié du taureau m'a procuré le plus de satisfaction. Dans ce jeu entre le taureau et moi, je commence à découvrir ma profession. C'est le moment où cela commence vraiment à me plaire et je ne pense qu'à une chose, vivre sans cesse ce contact constant avec le taureau. Cela devient non plus seulement une vocation, mais aussi une obsession : comprendre le taureau, et le rendre encore plus digne. C'est le vrai début.

Luis Francisco Espia



La corrida n'est que le reflet de la condition humaine


La corrida est un rituel puisqu'elle obéit à des règles et des traditions bien précises. Elle possède un règlement officiel auquel elle ne peut échaper, et son code de l'honneur, l'empeño. La première règle de la corrida est avant tout le respect : respect du règlement, respect de l'animal toréé, respect du public.


La morale taurine c'est aussi l'absence des notions de bien et de mal dans la corrida, au sens religieux : Tu ne tueras point ! exige un des Dix Commandements. Et le torero tue... Ernest Hemingway disait d'ailleurs : A mon sens, d'un point de vue moral moderne, c'est-à-dire d'un point de vue chrétien, la course de taureaux est toute entière indéfendable ; elle comporte certainement beaucoup de cruauté, toujours du danger, cherché ou imprévu, et toujours la mort.


Le taureau n'est pour le torero qu'un partenaire indispensable ; un animal qu'il aime profondement et qu'il tue par devoir. Devoir de gagner sa vie, puisque tel est son métier ; devoir de vivre jusqu'au bout de sa passion et de son art ; et devoir d'offrir au toro la mort la plus digne qui soit : celle rencontrée au cours de la lutte, et non au détours d'un abattoir. Le
torero et l'aficionado ne jugent pas les actes de la corrida, mais les acceptent tels qu'ils sont depuis des siècles. Ils les vivent simplement, du fond de leur coeur et de leur corps, et non du fond de leur raison.


Je pensais trouver les course de taureaux simples, barbares, et ne pas les aimer. Mais j'espérais y voir une forme d'action bien définie, capable de me donner ce sentiment de vie et de mort qui était l'objet de mes efforts. (...) Jugées à ses critères moraux que je ne cherche pas à défendre, les courses de taureaux sont très morales pour moi ; en effet durant ces courses, je me sens très bien, j'ai le sentiment de vie et de mort, du mortel et de l'immortel, et, le spectacle terminé, je me sens très triste mais à merveille.

Ernest Hemingway


La morale taurine, c'est enfin celle de la lutte pour la vie, la corrida n'étant que le reflet de la condition humaine de l'homme face à la pauvreté, la maladie, la mort ; la représentation stylisée du drame de la vie.


Mythes et symboles, la corrida, un rituel : la culture taurine


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La corrida, art tragique pour nier définitivement la tragédie.           Jose Antonio del Moral