LA PLAZA DE TOROS

Les places urbaines octogonales                

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Les places urbaines octogonales

Philippe V
Charles III
Plaza Ochavada, Aguilar de la Frontera, Córdoba
Plaza Ochavada, Aguilar de la Frontera, Córdoba

Une querencia est un endroit de l'arène où le taureau est naturellement porté à aller ; un lieu de prédilection. Cela, c'est une querencia naturelle, et celles-là sont bien connues et déterminées ; mais une querencia accidentelle est plus que cela. C'est un endroit qui se détermine au cours du combat, et où le taureau élit domicile. Ordinairement, il n'apparaît pas du premier coup, mais ce précise dans sa cervelle à mesure que le combat progresse... A cet endroit, il se sent comme s'il avait le dos au mur, et lorsqu'il est dans sa querencia, il est incomparablement plus dangereux et presque impossible à tuer.

Ernest Hemingway



La forme des arènes trouve précisement là sa principale justification : de partout, l'on peut voir aussi bien ce qui se joue sur la piste que le public des gradins, et je peux donc en même temps et indissolublement voir et voir les autres voir ce que je vois.

Alain Renaut


Sous les règnes de Philippe V et Charles III, les places octogonales firent leur apparition dans de multiples localités.


L'enracinement de la coutume de célébrer des fêtes et de courir les taureaux sur la plaza mayor était tel qu'il conditionnera les places octogonales. Construites afin d'assenir et d'embellir la ville, elles furent vite assumées et acceptées de par leur disposition idéale pour les corridas, et marquèrent ou caractérisèrent les interventions de cette époque.


La majorité de ces nouvelles localités, aux dimensions réduites, disposèrent leur unique place comme une octave traversée par la route, ancien chemin d'accès à la ville.


Dans son dessin, on peut trouver des similitudes avec d'autres places européennes de cette époque. Pourtant, il est important de signaler leurs différences, formelles et conceptuelles. Alors que, dans la majorité des places européennes, la volonté première était de magnifier la ville qui possédait en son centre divers éléments représentatifs du pouvoir, les places espagnoles, avec un dessin aux caractéristiques formelles et dimensionnelles plus domestiques et sans la solennité des dernières, vont accueillir des usages en relation avec l'activité commerciales de marché, et avec le déroulement des fêtes populaires.


Sa forme octogonale permettra une meilleure élimination des angles morts et de querencia pour le taureau, de la même qu'elle favorisera une meilleure vision, s'adaptant et faisant simultanément office de place quotidienne ou de scène, surtout durant les fêtes de taureaux.


Cet espace pourrait être considéré comme une extension de l'axe longitudinal qui domine la trame orthogonale de la ville, plutôt que comme un
espace urbain autonome incéré à l'intérieur de la trame, auquel on accède depuis différentes directions.


Son adaptation en tant que plaza de toros se réalisait au moyen de planches, fermant la rue qui la traversait, et par laquelle les taureaux entraient sur la place. Des gradins, de bois également, étaient montés dans les galeries, constituant ainsi le
mécanisme architectonique permettant de transformer un espace ouvert en un autre, prêt pour l'action d'un spectacle fermé.


La plaza de toros, édifice autonome




Des taureaux dans la Tête : plan du site

Référencement de la plaza de toros

La Carte Orange est le plus grand urbaniste du XXe siècle. Elle favorise à l'infini le mouvement dans la ville devenue mégapole. A.Grumbach