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De la fête au spectacle
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Le premier chevalier ayant affronté des taureaux dans l'arène et sur sa monture fut Rodrigo Diaz de Vivar, le Cid Campeador, héros national de la Reconquête au XIème siècle, immortalisé par Goya dans El Cid lanceando a un toro.
Au XIIème siècle, l'habitude semble s'être vite imposée de célébrer des jeux taurins à l'occasion de grandes cérémonies.
Le royaume offrait une corrida pour célébrer un mariage, la visite d'un hôte distingué ou une victoire militaire. Les municipalités offraient une corrida au saint qui avait exécuté leurs voeux ; des personnes importantes pouvaient aussi fêter de cette façon le mariage d'un enfant et parfois, par une clause inscrite dans leur testament, leur propre décès.
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Les contacts entre la fête populaire et l'exercice guerrier ne s'établissent qu'à partir du XIIIème siècle :
c'est alors qu'apparaissent les premières tentatives de liaison de la tauromachie à pied et de la tauromachie à cheval.
Les seigneurs combattaient alors des taureaux aidés par des gens à pied. |
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C'est au XIVème siècle qu'apparaissent en Navarre des professionnels de la tauromachie à pied, les matadoros.
Ceux-ci se mettaient face au taureau, puis l'esquivaient lors de la charge ;
ils lui couraient devant, sautaient par dessus, plantaient dans son dos des harpons (les banderilles d'aujourd'hui) et le tuaient à l'épée ou avec une lance.
Dans les autres régions à la même époque, la noblesse continuait son exercice à cheval, bien à l'abri dans son armure de fer.
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Deux écoles s'affirmeront ainsi : l'espagnol, équestre et aristocratique, relégant la tauromachie populaire au rang de divertissement sommaire, populacier et sans perspectives ;
et la navarraise, piétonne et populaire.
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Au XVème siècle, malgré l'animosité de la reine Isabelle d'Aragon pour les jeux taurins, les fêtes tauromachiques survivent.
On commence alors à les organiser et les légiférer.
Des plazas apparaissent en tant que lieux réservés à la tauromachie.
Les premiers traités sur les combats à cheval s'écrivent, comportant tous un chapitre sur l'art de combattre les taureaux.
Au XVIèmew siècle, sous le règne de Philippe II, il est prononcé par le pape Pie V la première bulle interdisant la corrida et menaçant les chrétiens d'excommunication en cas de non-respect de cette interdiction.
Le roi lèvera cette dernière : l'enracinement des jeux taurins en Espagne était tel qu'il s'avérait impossible de les supprimer sans provoquer de révolte, et ceci, même par le biais de la religion chrétienne.
Mais, à dater de ce siècle la corrida restera à jamais frappée d'interdit moral.
C'est également vers la fin des années 1500 que la lourde lance se vit remplacée par le rejón, sorte de javeline d'un mètre cinquante seulement.
Les chevaliers abandonnèrent l'armure au profit d'un costume de velours.
La course devint alors plus rapide, plus légère et mieux réglée.
Le cavalier devait respecter un certain code de l'honneur, l'empeño, lui imposant de descendre de sa monture en certaines occasions pour continuer le combat à pied, à l'aide d'une cape servant de leurre, et de l'épée.
A la fin du XVIIème siècle, la tauromachie revêt ainsi un double aspect : celui aristocratique et noble des fêtes solennelle, et celui, populaire et délirant des fêtes plébéiennes.
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La période moderne : naissance de l'actuelle corrida
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