HISTORIQUE DE LA TAUROMACHIE

      La période moderne :
                                    naissance de l'actuelle corrida

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Naissance de l'actuelle corrida


Philippe V

Francisco Romero Muleta

FRANCISCO ROMERO (1700-?)

Il eut l'intuition que la muleta, rectangle de serge rouge tendue sur un bâton, beaucoup plus qu'un simple instrument de défense à l'estocade, pouvait devenir le moyen d'une expression totale. On lui attribue également l'imagination de l'estocade a recebir, où l'homme, attendant de pied ferme la charge du taureau, le tuera d'un coup d'épée dans l'échine.


Veronica Johaquim Rodriguez Costillares

COSTILLARES (1748-1800)

Johaquim Rodriguez Costillares, est le premier à avoir fait régner l'intelligence dans une arène. Technicien réfléchi, il a perfectionné la passe appelée veronica, base du répertoire de la cape, et l'estocade dite a volpe qui voit le torero s'élancer épée haute sur le taureau.


Pedro Romero

PEDRO ROMERO (1754-1839)

Petit-fils de Francisco, il développera un style tauromachique très classique et très grave, observant strictement les règles de l'art, dépouillé de toute gratuité.


José Delgado Guerra, Pepe Hillo Barbudo a encorné Pepe Hillo...

PEPE-HILLO (1754-1801)

José Delgado Guerra Pepe Hillo, à la rigueur puissante de son rival Romero, à la technique de son concitoyen Costillares, Hillo oppose l'instinct fragile, la folie exhubérante et martyrisée de son sévillanisme.
Le 11 mai 1801, la corne tragique de Barbudo traversera cette première grande idole populaire.

Au XVIII ème siècle, l'arrivée au trône espagnol de Philippe V, roi Bourbon élevé en France fit prendre à la tauromachie le virage le plus important de son histoire. Philippe V, écoeuré par les moeurs bizarres des Espagnols fit comprendre à l'aristocratie qu'il lui serait très reconnaissant d'abandonner ces jeux barbares. La noblesse ayant par conséquent délaissé les courses de taureaux, c'est le peuple à pied qui s'empara du pouvoir à l'intérieur du monde taurin, aidé par la petite bourgeoisie.


La tradition des matatoros prit un nouvel essor et se développa considérablement : les professionnels pratiquaient des sauts périlleux, la pose des banderilles, les écarts du corps, avec ou sans cape, des jeux avec des animaux ou des mannequins, avant de mettre à mort le taureau, soit à l'aide d'une lance, soit en lui coupant les jarrets à l'aide d'une lame en demiélune prolongée d'un long manche, puis en lui poignardant la cervelle. Ces matatoros parcouraient toute l'Espagne, produisant leurs spectacles de ville en village et de fêtes en fêtes. Jusqu'à la fin du XIXème siècle, et même au-delà, le torero ne correspondra pas, dans ses usages bohème de vivre, au modèles bourgeois. Comme les artistes, il fera partie d'une caste obscure, parfois décrite à l'époque comme une caste dangereuse.


Parallèlement à cela, au sud de l'Espagne et surtout en Andalousie, des hommes du peuple reprirent la tradition des nobles en combattant à cheval avec le rejón. Par ailleurs, des bouviers réintroduisirent dans le spectacle tauromachique la garrocha, longue et lourde pique dont il se servaient dans leur métier pou conduire les troupeaux.


Petit à petit, les cavaliers devinrent des piqueurs professionnels. Libres d'intervenir à leur guise durant le combat, ils étaient les rois de l'arène. L'exemple de José Daza en donne la preuve par son immense popularité au XVIIIème siècle.


Dans le dernier tiers de ce siècle, quatre toreros andalous. Francisco Romero, Joaquim Costillares, Pedro Romero, Pepe-Hillo, vont opérer la synthèse des pratiques taurines et faire triompher le nouveau spectacle qui deviendra, au XIXème siècle, la fiesta nacional. Ils vont rassembler dix siècles de tauromachie pour les fondre dans une idée simple : la corrida. Ces hommes d'exception débarrassèrent des scories, surcharges et attractions diverses qui encombraient le spectacle navarrais et donnèrent à la tragédie son unité de ton. La corrida sera désormais un genre sérieux et dramatique d'où le burlesque sera définitivement exclu.


Comme toute représentation classique, le drame des arènes aura désormais une unité de temps et de lieu : le tercio de la pique, pour mesurer la force et la bravoure de l'animal, le ralentir et le préparer au dénouement ; le tercio des banderilles, pour relancer l'animal ; enfin celui de la mise à mort à l'épée (cette dernière étape étant nouvelle et pratiquement andalouse).
Costillares, Romero et Hillo sont avant tout imprégné d'une culture populaire extravertie qui les porte à exprimer d'une manière théâtrale et sincère à la fois leur sens du tragique et de l'esthétisme. Ils vont introduire dans l'arène tout un arsenal d'expressions corporelles, une gestuelle dérivée d'un folklore scénique éloquent, comme la danse flamenca.


La tauromachie classique des connaisseurs devra tenir compte désormais de sa contradiction : elle vient en effet d'engendrer cette race de fous sublimes, techniquement contestable, les mainteneurs du païen, les toreros d'instinct, de passion et d'arabesques... A l'aube du XIXème siècle, la corrida a enfin trouvé ses équilibres éternels : chaque torero sera désormais un compromis entre la bravoure, la technique et le sens artistique.


A la fin du XIXème siècle, sur toute la géographie espagnole, les paysans urbains s'enrichissent de cette protubérance ronde, ouverte comme un oeil tragique sur l'infini : la plaza de toros. Auparavant, à quelques exceptions près, le spectacle se déroulait sur la place publique aménagée pour la circonstance. L'arène spécifique qui se généralise est fonctionnelle : elle adopte la piste ronde, ou ruedo, pour que le taureau ne puisse pas prendre appui ou refuge dans les angles.


La période moderne : naissance de l'actuelle corrida, deuxième partie

Des taureaux dans la Tête : plan du site


Référencement de l'historique de la Tauromachie

Estocade : coup d'épée, le matador vise le taureau de face, essayant de placer l'épée entre les omoplates et tout au sommet de leur saillie.