HISTORIQUE DE LA TAUROMACHIE    


                                          La période moderne : naissance de l'actuelle corrida

Φ Le fauve du vieux monde Φ De la fête au spectacle Φ Composantes de la corrida Φ Les trois actes de la tragédie Φ Plaza de Toros Φ




Francisco Montes Paquiro    


Pique avant 1930, cheval sans protection

Juan Belmonte


Joselito



Manolete





Manolete à une fraction de seconde du coup de corne fatal

Au XIXème siècle encore, Francisco Montes Paquiro (1805-1851) instaurera la corrida grave, la corrida tragédie. Il affirmera les trois actes qui la caractérisent (piques, banderilles, mise à mort) et établira ainsi la cuadrilla fixe, équipe attachée au service d'un matador bien déterminé. Le choix définitif de l'habit de scène, le traje de luces sera également fixé par Montes et ne changera plus pour l'essentiel. Il inspirera d'ailleurs le premier règlement officiel de la corrida qui paraîtra en 1852. La tauromachie est ainsi définitivement rationalisée, ordonnée, codifiée, enfermée dans un cadre très rigide.


Toujours à la même époque, le tercio de piques restait l'épisode le plus important et le plus impressionnant de la corrida. Du haut de leurs chevaux, non protégés et immobiles, des athlètes piquaient le taureau, jusq'à une douzaine de fois, au momment de sa charge afin de l'éprouver. Un nombre considérable de chevaux étaient tués ou blessés. Ce n'est qu'en 1930 qu'une loi imposera le port du caparaçon destiné à protéger la monture.


Jusqu'alors, les taureaux étaient des bêtes énormes et souvent difficiles à manier. Avec l'apparition de Juan Belmonte (1892-1962), enfant de Séville, la corrida s'offrira une nouvelle physionomie. Ce dernier, à l'allure chétive et aux jambes faibles, possédait par contre de très longs bras. Il inventa donc un style correspondant à ses moyens physiques : il se déplaçait peu et ramenait sans cesse la bête tout près de son corps. Mais cette façon de toréer se révélait très dangereuse avec les animaux de l'époque, et Belmonte imposa ainsi un nouveau type d'animaux : plus petit et moins acharnés, moins puissants et moins rapides, aux cornes moins longues et à la charge plus franche. Ces bêtes étant plus faibles, et par conséquent supportant moins la pique, cette épreuve perdit très rapidement de son importance, le nombre de piques étant réduit à quatre au maximum. Au contraire se développaient énormement les faenas de cape de muleta, qui allaient devenir l'apect essentiel du spectacle, au détriment même de la mise à mort. En effet, la nouvelle morphologie et le caractère plus franc des taureaux permettaient des passes beaucoup plus lentes et majestueuses, qui accentuaient sans aucun doute le côté esthétique de la corrida.


Avec Belmonte et Joselito (1885-1920), autre gloire de la tauromachie du XIXème siècle, apparaissait une nouvelle façon de toréer que l'on pourrait résumer à quatre mots : para (arrêter le taureau fougueux qui sort du toril), templar (rythmer sa charge, c'est-à-dire accorder le déplacement du tissu à celui de l'animal), mandar (commander, maîtriser le comportement du fauve) et recoger (ramener le taureau sur soi en fin de passe). Les passes devinrent ainsi des oeuvres d'art et le toreo de face des années antérieures fut progressivement abandonné pour un toreo de trois-quart permetant d'allonger le mouvement du temple. Il n'était alors plus question de bouger les pieds, l'unique règle étant de conduire le taureau le plus loin possible par le seul mouvement des bras et du torse. Et la corrida devint douceur du geste, frôlement des corps, émotion des coeurs, et non plus l'émotion sauvage des corridas d'antan où tout n'était que choc et violence.


On en arrivera au torero de profil qu'illustra parfaitement Manuel Rodriguez Manolete (1917-1947), et allait rester le toreo que l'on pratique aujourd'hui. Il faut tout de même encore ajouter que le spectacle, aujourd'hui, a complétement changé puisque l'on exige de lui beaucoup plus d'esthétique. Bien qu'il y ait toujours trois composantes, le risque, le tragique et l'esthétique, le spectacle est devenu beaucoup plus intellectuel.


Parallèlement au toréo classique, se développait également un toreo plus fantaisiste, un toréo baroque s'il en est, tremendista pour reprendre le terme espagnol. le plus grand personnage de ce type de toréo a été El Cordobés, vedette adorée et détestée à la fois, pour l'image moderne, insolite et euphorique qu'il donnera à la tauromachie.


Composantes de la corrida, le taureau


Des taureaux dans la Tête : plan du site


Référencement de l'historique de la Tauromachie

Cuadrilla : ensemble des assistants du torero, banderilleros et picadors.