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Quarante mille ans avant J.-C., déjà impressionné par la force et la puissance du taureau, l'homme tentait de le représenter par des gravures dans les cavernes, pensant ainsi influencer l'animal vivant.
A l'époque néolitique, on découvrit le taureau en tant qu'aide précieuse pour le labour et puissance fertilisatrice des terres.
De gibier, l'animal devenait partenaire de l'homme dans le travail et la lutte pour la survie.
Quelques années plus tard, sa noblesse, sa force, son immense pouvoir de fécondation, firent de lui un objet d'adoration pour de nombreuses civilisations de la Méditerranée.
En Mésopotamie d'abord, puis en Inde, en Egypte, au Proche-Orient et en Crête, en Grèce, dans l'Empire Romain et jusque dans de nombreux pays d'Europe.
Dans la mytologie, on retrouve le même engouement pour le taureau.
Dans le culte de Poséidon-Neptune, cet animal avait une place de choix, et Zeus-Jupiter lui-même ne dédaigna pas d'en prendre l'aspect pour enlever la jolie Europe.
De leurs amours en Crète naquit Minos.
Ce dernier donna ensuite naissance au Minotaure, monstre horrible, moitié homme, moitié taureau qui se nourissait de tendre chair humaine.
Originaire de Perse, le culte de Mithra, divinité de la lumière céleste, est l'aboutissement et comme le résumé des diverses religions du taureau.
En Espagne, à l'époque de la grande invasion par les musulmans, de 711 à 718, une espèce d'état de guerre constinuel verra naître une multitude de petite noblesse, alors que la société paysanne et villageoise s'organisera en fueros indépendants, statuts particulier à chaque région.
Dans ces provinces, les hommes combattaient à pied le taureau.
L'animal était lâché dans les rues et tout le monde tentait de l'arrêter, le blessait à coups de poignards dans des jeux d'une formidable violence, avant de le tuer pour le manger.
la finalité de tout cela était de se nourrir de la chair du taureau.
C'est sans doute le renversement de cette finalité qui donna naissance à la tauraumachie telle que nous la connaissons aujourd'hui : les jeux finirent par l'emporter sur la nourriture.
De cette période nous vient certainement le mot corrida, cette longue course du taureau dans les rues du village, avant la mise à mort.
A la même époque, la haute noblesse et les petits seigneurs combattaient également le taureau, mais à cheval, soit pour s'exercer à la guerre, soit pour se distraire.
La tauraumachie de cette époque était donc avant tout aristocratique et chevalresque.
Le peuple se contentait de jouer, alors que les nobles combattaient.
Certains affirment que les corridas modernes sont liées à certaines formes de jeux de l'amphithéâtre romain, voire aux pratiques religieuses et sportives de l'époque minoenne.
Dans les venationes, spectacle matinal introduit par Jules César au 1er siècle, on voyait des démonstration d'athlètes, des combats d'animaux et des exhibitions qui s'apparentaient aux scènes de chasse transposées en champ clos.
La tauraumachie, c'est-à-dire la situation du danger voulu, naît au moment précis du renversement des rôles traqueur-traqué, quand le gibier fait frond et quand le chasseur devient cible.
Ce passage de l'acte de chasse à la tauraumachie est rendu inévitable par la réduction de l'espace au champ clos de l'arène ou restreint de la rue.
Un des premiers historien de la tauraumachie, Don Nicolas Fernandez de Moralin, repousse au contraire toute parenté entre les jeux romains et les courses espagnoles en affirmant que tromper et maîtriser les bêtes fauves de leurs pays respectifs a toujours été l'exercice des nations dont le courage est naturel.
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