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Il était juste cinq heures du soir,
Un gamin apporta un drap blanc
A cinq heures du soir,
Un panier de chaux déjà réparé
A cinq heures du soir
Et le reste n'était que mort et rien que mort.
A cinq heures du soir
Le vent emporta les cotons
A cinq heures du soir
Et l'oxyde répendit cristal et nickel
A cinq heures du soir
Déjà la colombe et le léopard sont aux prises
A cinq heures du soir
Et une cuisse avec une corne inconsolable
A cinq heures du soir.
Les tintements du bourdon se mirent à retentir
A cinq heures du soir
Au coin des rues des groupes de silence
A cinq heures du soir
Et le taureau s'avançant seul haut le coeur
A cinq heures du soir
Lorsque survint la sueur glacée de neige
A cinq heures du soir
Lorsque l'arène se couvrit d'iode
A cinq heures du soir
La mort pondit ses oeufs dans la blessure
A cinq heures du soir
A cinq heures du soir
A cinq heures juste du soir.
Un cercueil sur roues c'est son lit
A cinq heures du soir
Os et flûtes résonnent dans ses oreilles
A cinq heures du soir
Le taureau mugissait sur son front
A cinq heures du soir
Et la chambre s'irisait d'agonie
A cinq heures du soir
Voici qu'au loin apparaît la gangrène
A cinq heures du soir
Une trompe blanche comme le lis sur des hanches verdies
A cinq heures du soir
La foule brisait les fenêtres
A cinq heures du soir
A cinq heures du soir
A cinq heures du soir, heure terrible !
Toutes les horloges sonnaient cinq heures
A cinq heures du soir, à l'ombre.
F.Garcia Lorca
Des taureaux dans la tête, prologue
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