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La force ? dit Gallo. Qu'ai-je besoin de force ? Le taureau pèse une demi-tonne.
Devrai-je faire des exercices pour lutter avec lui ? Non c'est à lui d'avoir la force.
Ernest Hemingway
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Faena :
désigne la troisième phase du combat que livre l'homme avec muleta et épée.
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Le torero ne peut se départir de son apparente maîtrise sans perdre du même coup sa dignité.
Elle est l'essence de son art et de son comportement.
François Zumbliehl
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Tout l'art est fait exclusivement par l'individu.
L'individu, le grand artiste, lorsqu'il vient, emploie tout ce qu'on a découvert ou su dans le domaine de son art jusqu'à lui ;
il est capable d'accepter ou de rejeter en un temps si court qu'il semble que sa connaissance soit née avec lui, alors qu'il ne fait que prendre instantanément ce qu'il faudrait à un homme ordinaire toute une vie à apprendre ;
alors, le grand artiste va au-delà de ce qui a été fait ou connu, et fait son oeuvre propre.
Ernest Hemingway
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Les conditions requises pour combattre les taureaux sembleraient, à première vue, être le courage et la force physique.
Les deux, en vérité, n'ont pas l'importance absolue que l'on croit.
Il lui faut également l'amour de son métier, un esprit de décision et une virilité qui le placent tout de suite au-dessus des contingences quotidiennes de sa profession.
Son art ne repose toutefois pas sur un héroïsme continu, mais sur une science longuement acquise et sur beaucoup de pratique.
La force physique n'est pas essentielle.
Les seules conditions exigées sont la légèreté, de l'adresse, un bon souffle et des jambes solides.
Encore, ce dernier avantage n'est d'aucun recours particulier dans un jeu caractérisé par l'immobilité sur la position choisie,
l'extension lente des bras et l'usage précis du poignet pour imprimer au leurre un tracé rigoureux.
Au contraire, l'emploi intempestif des jambes conduit à ne pas dominer ce dernier.
Toréer, c'est commander la course du toro, la déclencher de la voix ou du geste, en dévier la trajectoire d'un simple mouvement du poignet, en imposant le plus possible à l'animal de choix du terrain où,
passe après passe, le torero le soumettra à son contrôle.
Toréer, c'est encore épouser, par la pensée, les instincts de la bête.
C'est connaître toutes les réactions possibles des taureaux, c'est formuler des hypothèses et ne mettre de témérité que dans leur vérification.
Un détail non moins important est la domination absolue de ses nerfs.
Le torero qui ne maîtrise pas ses émotions, est exposé à se tromper dans ses calculs, à s'emballer dans ses passes.
Il peut même perdre toute sa lucidité et revenir, malgré lui à des réflexes fondés sur son instinct d'homme, ce qui sera sa perte.
La beauté plastique du torero est dans le contraste des attitudes reposées de l'homme et du perpétuel mouvement de la bête, dans l'opposition, aussi accentuée que possible, de la sérénité de l'un et de la violence de l'autre.
Le don de Dieu, pour tout artiste, est la personnalité.
Il en est de même pour le torero.
La trentaine de passes existantes, constamment répétées, se ressemblent comme les tirages en série d'une même épreuve.
Elles engendreront rapidement la monotonie si l'homme, par leur interprétationne leur redonnait une vie propre.
Sans un minimum de tempérament, il n'y a plus d'art, mais une routine dénuée d'attrait.
Le torero en train de créer ne se réfléchit jamais, puisqu'il se trouve lui-même inclus dans son oeuvre,
pas plus qu'il ne peut à tête reposée reprendre, ou seulement fixer les lignes de son travail.
Il s'agit sans doute ici du seul art qui se réduise à l'unidimensionnalité du vécu.
C'est d'ailleurs ce défaut de perspective qui rend d'autant plus nécessaire la présence du public, comme nous le verront plus tard.
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