COMPOSANTES DE
                                LA CORRIDA

                    Le taureau

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Le taureau


Bos Taurus Ibericus, taureau de combat espagnol


Le taureau de corrida, dont le rôle est de symboliser la Nature sauvage, est un animal domestique qui n'arrive à remplir correctement sa tâche qu'après avoir fait l'objet d'une sélection aussi rigoureuse et prolongée que celle d'un cheval pur sang.

Julian Pitt-Rivers


Juan Pedro Domecq Juan Pedro Domecq
Miura Miura
Victorino Martín Victorino Martín

Taureau brave


Taureau suave


Taureau alegria

Le personnage le plus important de l'arène et avant tout le taureau. Sans lui, pas de tauromachie, pas de fête, pas d'art.


La race des taureaux de combat espagnols, appelé Bos Taurus Ibericus, garde des origines très floues. Quatre régions d'Espagne étaient peuplées de taureaux : la
Navarre, la Castille, l'Estremadure et l'Andalousie. Les troupeaux étaient sauvages et, dans chaque province, les animaux avaient des caractéristiques différentes.


L'animal actuel est le fruit d'une sélection méthodique destinée à maintenir et à développer en lui l'instinct combatif. Cette sélection date du XVIIIème siècle et est strictement contemporaine de la transformation de la tauromachie qui ouvre l'ère moderne. Elle se fit sur la base de quatre élevages fameux, les
ganaderias : Jirona, Cabrera, Vazquez, Vistahermosa. Le premier était castillan, les trois autres andalous. Avec le temps les andalous éliminèrent les castillans, ainsi que les races locales de Salamanque et de Navarre.


Cette recherche d'un type de taureau, présentant le maximum de qualités propres à animer les jeux des arènes, est le fait d'un groupement syndical des éleveurs espagnols. Il monopolise les troupeaux de casta, à proprement parler : de race d'origine. Il veille également sur l'attribution des fers et des devises qui sont la marque distinctive de chaque élevage et surveille les ventes de vaches et d'étalons.


A côté des bêtes de casta, subsitent toutefois des animaux qui ont gardé l'acometida, c'est à dire de l'instinct de la charge, mais se sont peu à peu domestiqués, car leur reproduction a cessé de faire l'objet de soins particuliers. On les appelle, communément, les moruchos.


L'affinement de la race, dans le taureau de casta, est sensible au physique comme au moral. Il y a une certaine relation entre la présentation de la bête et sa bravoure.


Physiquement, tout d'abord, l'animal devra avoir un bon trapio, c'est à dire une belle présentation, le ventre cambré, la poitrine profonde et le dos fin et plein, des cornes proportionnées et large, des pattes à la fois fines et solides. Les caractéristiques morales sont au nombre de trois.


La première est la bravoure, c'est à dire que l'animal charge à toute provocation. Le taureau s'apprécie surtout à sa façon de prendre la pique. Il part droit, s'élance à fond, passe avec force pour jeter à terre le cavalier et ne s'écarte de la pique que si on le détourne dans une quite. Le taureau de casta authentique garde sa bravoure intacte jusqu'à la fin du combat.


La seconde caractéristique est la noblesse, appelée aussi suativité. On désigne ainsi la qualité du taureau qui, dans la cape ou la muleta, passe en baissant la tête sans donner le coup de corne au hasard, soit dans l'étoffe, soit dans le vide. Elle intéresse tout particulièrement le torero à pied et son art, dont elle est une condition essentielle. Le taureau de casta, comme tout produit de race, est d'une extrême nervosité naturelle. Un des secrets de son maniement est de ne pas la déclencher hors de propos. C'est la raison pour laquelle les bêtes, avant la course, sont placée dans des cellules obscures du toril, à l'abri de murs épais qui arrêtent les bruits de l'extérieur.


La troisième qualité propre à la casta est l'alegria, littéralement, l'allégresse. Il s'agit d'une promptitude à répondre à l'appel de l'homme, même à une indication ténue de la voix, et d'une façon de s'engager à fond dans le jeu du torero, pour son plus grand brio.


Composantes de la corrida : le taureau, deuxième partie




Des taureaux dans la Tête : plan du site
Référencement des composantes de la corrida

La bravoure du taureau se juge à la manière dont il se comporte sous le châtiment.                   Ernest Hemingway