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L'analyse de l'origine, de la formation et de l'évolution de la ville de Cádiz souligne l'importance de sa situation géographique :
le choix d'une enclave séparée de la terre ferme et facile à défendre ;
la probable existence d'un port naturel formant un chenal entre les deux îles primitives ;
la présence d'une mer calme à l'intérieur de la baie capable d'abriter des flottes entières et d'une mer hostile au dos de la ville, la mer de Vendaval, du grand vent ;
le caractère insulaire, opposé à la terre ferme, Puerta Tierra, le pont de Suazo qui relie Cádiz à l'Andalousie ;
les vents et l'humidité qui conditionnèrent la forme de la ville et de ses bâtiments.
Le territoire qu'occupe aujourd'hui le centre historique, avec une forme de pentagone irrégulier, est une plate-forme rocheuse séparée de la terre par une étendue constituée essentiellement de marais et qui a engendré un intérêt séculaire en tant que centre d'échanges commerciaux et qu'enclave militaire.
Diverses cultures se sont succédées à cet endroit depuis l'Antiquité : Phéniciens, Grecs, Carthaginois et Romains se relayèrent dans des activités commerciales et militaires dont les traces se retrouvent encore aujourd'hui en de nombreux sites archéologiques.
Dès la fin de l'époque romaine, la ville connut un déclin continu.
Les Arabes, qui dirigeaient leur conquête à l'intérieur des terres, n'avaient pas besoin de cette enclave à un momment de crise dans les échanges commerciaux en Méditerranée.
Alfonso X conquit la ville en 1262 avec l'intention d'en faire un poste avancé pour passer en Afrique.
La localité qui se limitait alors à un un carré de 200 mètres par 200, actuel quartier El Pópulo, sera remodelée et dotée de murailles sur trois de ses côtés, le quatrième étant dessiné par les falaises de l'océan.
Les murailles possédaient trois portes qui furent partiellement conservées : celle Tierra (arco de las Blancos) vers la terre ferme ; celle de el Mar (arco del Pópulo) vers la baie et celle donnant sur l'ouest (arco de la Rosa), direction dans laquelle la ville se développera ensuite.
A l'intérieur des murailles, l'ancienne cathédrale s'érigeait au-dessus des antiques édifices religieux et la cashba arabe s'étendait autour du théâtre romain.
L'emplacement de la vieille ville correspond à un étranglement du territoire dans lequel la distance entre la baie et l'océan, mar de Vendaval, est minime.
Cádiz est ainsi situé sur un promontoire qui domine les deux mers.
Bientôt, la ville se constituera an deux quartiers populaires.
Tout d'abord celui de Santa María, vers l'est à proximité d'un ermitage (1480). Son développement, qui se rapprochait de zones exterieures dangereuses, fut limité par un second mur à l'emplacement de l'actuelle Puerta Tierra.
La croissance de la ville fut alors renvoyée vers l'ouest.
Le second faubourg est celui de Santiago, situé à proximité d'un autre ermitage (1563) qui deviendra par la suite une église et un couvent.
Entre les deux faubourgs, la Corredera, aujourd'hui la place de San Juan de Dios était ouverte à la baie et reliée à la vielle ville par la porte del Mar (arco del Pópulo).
Sur la vue aérienne réalisée en 1567 par Anton van den Wyngaerde, qui constitue un authentique témoignage topographique, le centre historique, entouré de murailles, est représenté avec d'abondantes tours de défense.
Les quartiers populaires sont également dépeints, le premier s'étendant jusqu'aux murailles et le second, se situant le long de la baie à l'extrémité de laquelle se trouvait le bastion de San Felipe défendant son entrée.
La ville s'étendait à l'ouest jusqu'à l'ermitage de Santiago.
Après le pillage de la ville par le comte d'Essex en 1596, l'énorme oeuvre de fortification de l'enceinte de la ville sera lancé.
Un florissement commercial surgira alors sous la protection de la défense militaire.
La progressive occupation du territoire vers l'ouests'effectuera depuis la ville médiévale en suivant deux directions.
Une le long de la mer Vendeval, Campo del Sur, le long du chemin rural qui conduisait à l'anse de Puerto Chico et aux moulins à vent situés vers les Capuchinos et en direction des ermitages de Santa Catalina et de San Sebastian (1457).
L'autre le long du littoral de la baie, à proximité de l'ermitage de Los Remedios, aujourd'hui San Francisco, et des madragues de San Felipe.
Parallèlement au littoral apparaîtra la rue Nueva, centre financier de l'important commerce maritime situé au dos des grands magasins et commerces établis au bord de la mer.
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